Pourquoi laisser de la place au ressenti?

Souvent, dans la pratique, on enchaîne les asanas les uns après les autres. J’ai fait ça longtemps, la performance et l’ajustement de la posture étaient le plus important. 

Aujourd’hui, je peux dire que tout ça a bien changé. Les limites du corps m’ont poussé à revoir ma pratique autrement. C’est ce qui s’est imposé à moi si je voulais continuer à profiter de la pratique du yoga. Je me suis longtemps battue contre moi-même et pour les exigences d’un yoga aux asanas parfaits mais qui finalement me faisait plus de mal qu’autre chose et ce parfois pendant des semaines. Il y a un moment où l’amour de soi est plus important qu’un mouvement parfaitement exécuté.

Autrefois, dans ce travail de l’asana, il y avait les sensations. Je savais exactement ce que je devais et où je devais ressentir pour que la posture ressemble à quelque chose. Mais depuis un moment, j’ai lâché tout ça. Je préfère goûter à ce que la posture va venir déposer en moi. J’exécute toujours les asanas avec discernement mais je ne pousse plus le corps à l’extrême. Je m’arrête là où commence la douleur pour permettre aux limites de mon corps d’exister en toute liberté. Ca peut paraître étrange de dire ça, cependant, je trouve que ça permet de colorer sa pratique et de permettre l’expression de quelque chose d’autre.

Ce que j’aime faire, c’est m’arrêter entre les postures et m’asseoir ou juste rester immobile pour apprécier le mouvement de l’énergie qui circule en moi. Parfois, c’est comme une onde électrique qui parcourt mon corps. A d’autres moments, ce sera une vague de chaleur ou de fraîcheur qui vient parcourir l’endroit que j’ai voulu ouvrir. J’aime aussi explorer le souffle dans la posture. Observer un déploiement plus organique dans certains endroits et prendre conscience de la posture mentale que j’aborde en le faisant. Je remarque que je peux parfois avoir beaucoup de colère dans un asanas parce que je m’en sens prisonnière ou que je souffre. Je n’ai jamais considéré le yoga comme un outil simplement axé sur le bien-être. La pratique du yoga est pour moi remplie de souffrances de toute sorte. Elle me fait rire comme elle peut me faire pleurer mais elle est toujours là pour moi. Elle fait partie de moi et c’est toujours avec un grand plaisir que je la retrouve sur le tapis mais en dehors aussi. J’accorde une grande importance aux valeurs qui sont les miennes et que je retrouve en partie dans la philosophie du yoga. Mais le plus important, est d’apprécier, de la posture à la respiration, ce que le yoga dépose en moi.

Et vous? Est-ce que votre pratique évolue avec le temps?

Photo de Viktoria provenant de Pexels

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